Couchsurfing est mort… vive le Greeter !

Si vous lisez cet article, c’est que vous ĂȘtes comme moi. Vous ĂȘtes sur les starting blocks, Ă  un mouvement de cil de dĂ©coller ou pĂ©daler vers cet ailleurs qui nous manque tous ! Seulement, pendant que vous attendiez comme des affamĂ©s, un petit malin nommĂ© Couchsurfing a dĂ©cidĂ© de changer nos plans de voyages et de rencontres locales. Et si le salut passait dĂ©sormais par le Greeter ?


Couchsurfing : auto-destruction programmée

Allez, un petit rappel des faits pour ceux qui ne sont pas familiers Ă  ces concepts.

Le site internet Couchsurfing est LA rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de sites d’hĂ©bergements gratuits et de mise en relation voyageurs / locaux.

Ils avaient tout pour ĂȘtre un monstre de l’univers du voyage expĂ©rientiel. Seulement voilĂ  : 14 ans et 15 millions d’utilisateurs plus tard, ils ont dĂ©cidĂ© (grĂące ou Ă  cause du Covid-19) de rendre payant toute connexion sur leur site.

Voir cet article trĂšs dĂ©taillĂ© sur la question : Le Couchsurfing payant va-t-il survivre au Covid ? – Cyclo Voyageur

Couchsurfing

Ils se sont tirĂ©e une balle dans le pied, et ils ne l’ont toujours pas compris ! Ils ont perdu toute crĂ©dibilitĂ©, et personne ne voudra payer pour avoir le droit d’hĂ©berger gratuitement des voyageurs de passage ! L’Ă©vidence mĂȘme.

Mais vous allez me dire : « Ok, mais nous les cyclotouristes, on a la chance d’avoir WarmShowers ! »


Et WarmShowers dans tout ça ?

WarmShowers, le Couchsurfing des cyclovoyageurs a, lui aussi, tout pour rĂ©ussir. Un grand nombre d’adhĂ©rents, une rĂ©putation en pleine croissance, et une image d’entreprise vertueuse ne vivant que grĂące Ă  des bĂ©nĂ©voles passionnĂ©s et motivĂ©s.

Malheureusement, ça aussi, c’est fini.

À l’instar de Couchsurfing, WarmShowers a imposĂ© une cotisation aux nouveaux adhĂ©rents, et leur application est devenue ridiculement chĂšre !

warmshowers payant

Le cĂŽtĂ© « bĂ©nĂ©vole passionné » prend un peu de plomb dans l’aile, il me semble !

Par ici, j’ai Ă©crit un article qui explique toute la situation actuelle de WarmShowers : Warm Showers va-t-il devenir 100% payant ? – Cyclo Voyageur

Bref, ces sites que nous avons tous tant aimĂ© ont perdu leur mojo Ă  grands coups de logique financiĂšre. Il leur fallait rentabiliser la poule aux Ɠufs d’or. Ils l’ont ouverte, et ils vont tout perdre.

La seule alternative crĂ©dible maintenant est BeWelcome, qui garantit textuellement qu’il ne sera jamais payant. Le site est Ă  but non-lucratif. Encore faiblard en terme d’adhĂ©rents : 100 fois moins que Couchsurfing. Pour l’instant, c’est anecdotique.

Mais n’y aurait-il pas autre chose ? Une autre maniĂšre de rencontrer les populations locales sans considĂ©rations financiĂšres ?

J’ai une bonne nouvelle pour vous : ça existe. Ça s’appelle les Greeters !


C’est quoi un Greeter, papa ?

Je vais t’expliquer mon poussin, c’est trĂšs simple.

Ce vilain anglicisme veut dire « hĂŽte ». En fait, c’est loin d’ĂȘtre nouveau : la premiĂšre association de greeters a Ă©tĂ© fondĂ©e en 1992 Ă  New York.

Le greeter est un habitant local qui se fera un plaisir d’emmener gratuitement des touristes de toutes origines se balader dans leur ville ou leur quartier.

Le greeter est un bĂ©nĂ©vole passionnĂ©, un vrai ! Son but ici n’est pas lucratif. Il privilĂ©gie la rencontre, le plaisir de partager, de transmettre son amour de son quartier, sa ville ou son pays.

Bien sur, il ne remplacera jamais le professionnel du tourisme, qui sera toujours une mine d’informations prĂ©cieuses et fournira bien sur des services plus qualitatifs. En revanche, lorsque l’on recherche un tourisme plus expĂ©rientiel, plus authentique, basĂ© sur la rencontre et l’Ă©change humain, c’est la solution idĂ©ale.


Les greeters : du positif pour tout le monde

Pour les destinations / territoires

Les offices de tourismes et OGD (organismes de gestion de destinations) l’ont dĂ©jĂ  trĂšs bien compris. Il faut crĂ©er des liens Ă©troits avec les associations locales de greeters. Ils sont les meilleurs ambassadeurs d’une destination. Ils la chĂ©rissent, ils en parlent avec leur cƓur et partagent leur passion Ă  tous ceux qui veulent bien les suivre.

Leur impact est peut-ĂȘtre mĂȘme encore plus fort qu’une campagne publicitaire (Ă  vĂ©rifier, quand mĂȘme !). AprĂšs tout, quoi de plus efficace pour promouvoir un produit qu’une personne dĂ©sintĂ©ressĂ©e et passionnĂ©e ?

Observez comme l’office de tourisme de Mulhouse exploite bien cette carte du Greeter :

MĂȘme chose pour Bordeaux, et bien d’autres villes de France.


Le saviez-vous ?

La France est de loin le pays qui compte le plus d’antennes greeters dans le monde. (Elles sont regroupĂ©es autour de la FĂ©dĂ©ration France Greeters)

Et aprÚs, on veut nous faire croire que les français ne sont pas accueillants !

Voici la carte des antennes de greeters en Europe. Il faut reconnaitre que ça tourne surtout autour de la France et la Belgique !

Pour les professionnels du tourisme

Les agences de voyages, rĂ©ceptifs, hĂŽtels, restaurants et autres, profitent aussi largement des retombĂ©es du travail de l’ombre des greeters. En rendant l’expĂ©rience des touristes plus humaines et chaleureuse, ceux-ci garderont une marque Ă©motionnelle bien plus positive de leur passage. Soyez-en surs, ils reviendront, et en feront mĂȘme la pub !

Mais ça n’est pas tout, un greeter peut trĂšs bien faire la promotion d’un « petit hĂŽtel local », d’un restaurant qu’il affectionne ou bien d’une visite mĂ©connue Ă  ne pas rater. Il orientera le voyageur vers ce qui lui plait personnellement, et c’est ce que le voyageur lui demande !

Les touristes adorent les petits conseils de locaux, offrons leur ce qu’ils veulent.


Pour les voyageurs

Pour les voyageurs comme moi en quĂȘte d’expĂ©riences fortes, locales, vraies. À ceux qui recherchent l’imprĂ©vu, les charmes du hasard et de la providence. Aux amoureux de l’irrationnel, de l’imparfait, du singulier qui fuient leur quotidien usinĂ©, standardisĂ©, internetisĂ©.

À vous tous voyageurs qui ne juraient que par couchsurfing, votre nouvel eldorado s’appelle probablement le Greeter.


Pour les relations entre touristes et locaux

IncomprĂ©hensions, incompatibilitĂ©s… les relations entre touristes et locaux auront bien besoin d’un petit coup de frais.

Les greeters sont les mieux placĂ©s pour rĂ©tablir la communication et l’Ă©change avec les touristes de tous horizons. Ils finiront par mieux comprendre les frustrations, peut-ĂȘtre les peurs de certains touristes, et les touristes apprendront Ă  mieux aborder la culture locale, les maniĂšres de faire, les codes. Tout le monde y gagne.


Vers une « couchsurfingation » du greeter ?

Le constat est simple : les voyageurs de demain iront toujours vers plus d’expĂ©riences humaines et sensorielles, plus d’Ă©changes avec les locaux, plus de spontanĂ©itĂ©, de vĂ©ritĂ© et de naturel.

Avant, Couchsurfing et WarmShowers rĂ©pondaient parfaitement Ă  l’appel, jusqu’Ă  ce qu’ils se mettent tous seuls hors jeux !

Les greeters peuvent-ils en ĂȘtre les dignes successeurs ? Et pourquoi pas !

Le rĂ©seau des greeters est dĂ©jĂ  bien installĂ©. Pourquoi ne pourrions-nous pas juste Ă©largir la palette du greeter en y intĂ©grant la possibilitĂ© d’hĂ©berger gratuitement des voyageurs ? L’immersion tant souhaitĂ©e n’en serait-elle pas plus puissante ?

Chaque membre (voyageur et greeter) doit faire l’objet d’une vĂ©ritable sĂ©lection, bien plus stricte que sur Couchsurfing. Il doit rester exclusif et rare. Il doit ĂȘtre une chance pour le voyageur.

Et pourquoi ne pas faire payer Ă  chaque voyageur hĂ©bergĂ© gracieusement une faible cotisation au bĂ©nĂ©fice de l’office de tourisme local ? Avec cet argent l’OT pourra amĂ©liorer l’accompagnement de ses prestataires et socio-pros.

Tout le monde ne sortirait-il pas gagnant d’une sorte d’institutionnalisation du « Couchsurfing » Ă  travers les greeters ?

J’ai envie d’y croire.

N’hĂ©sitez pas Ă  rĂ©agir dans les commentaires, j’adore les dĂ©bats animĂ©s !