99. Sur les traces de Napoléon à Maloyaroslavets (RUSSIE)

Après 125 kilomètres d’autoroute en Russie, je m’arrĂŞte Ă  Maloyaroslavets, oĂą Elena, une jeune russe m’attend de pied ferme chez ses parents. Je l’ai contactĂ©e via Couchsurfing, et officiellement pour sa famille, je suis un ami de longue date. Ses parents n’auraient certainement pas accueilli comme ça un Ă©tranger sorti de nulle part, il fallait une histoire rassurante. Leur accueil a Ă©tĂ© magnifique et mĂ©ritait bien ce petit mensonge ! Ils m’ont fait goĂ»ter toutes sortes de choses dĂ©licieuses. J’ai eu immĂ©diatement l’impression de faire partie de la famille. L’espace de deux nuits, j’étais russe.

couchsurfing Ă  Maloyaroslavets en Russie
Elena, mon hĂ´te qui m’a fait l’honneur de m’emmener visiter sa ville

Maloyaroslavets, début de la retraite de Russie

J’avais pourtant initialement prévu de rester une nuit, mais face à l’insistance d’Elena pour que je reste une journée de plus, je ne pouvais que céder.

décor traditionnel en Russie
Photo prise dans un coin de rue très russe !

Elle voulait absolument m’emmener voir les endroits intĂ©ressants de la ville. Je n’ai regrettĂ© ni le dĂ©tour dans cette ville, ni les deux jours ! Je me suis pourtant arrĂŞtĂ© vraiment pas hasard Ă  Maloyaroslavets, et j’y ai dĂ©couvert de magnifiques Ă©glises et monastères, et surtout un haut lieu de l’histoire napolĂ©onienne.

Cette ville a été le théâtre du début de la retraite de Russie, se transformant peu à peu en véritable désastre. En perdant cette bataille, la grande armée a été obligée de changer de route pour rentrer en France, c’est à dire en prenant le même itinéraire qu’à l’aller et traverser des territoires déjà pillés ou volontairement brulés par les russes. Le début de la fin.

On trouve Ă  Maloyaroslavets en Russie quelques mĂ©moriaux, dont un Ă©crit en français, et des impacts de balles sur un monastère. Ils sont censĂ©s avoir Ă©tĂ© tirĂ©s par l’armĂ©e napolĂ©onienne. 

Un lieu peu connu chargĂ© d’histoire NapolĂ©onienne

Cette ville, malgrĂ© son attrait historique, est vierge de touristes. Ça n’est pas pour me dĂ©plaire ! MĂŞme les amoureux de NapolĂ©on ne s’aventurent pas jusqu’ici.

mémorial de guerre à Maloyarolavets

J’ai visitĂ© un mini musĂ©e qui faisait la reconstruction de la fameuse dĂ©faite devant le monastère, qui a obligĂ© NapolĂ©on Ă  bifurquer et repartir plein ouest. La gardienne du musĂ©e Ă©tait tellement heureuse d’avoir un français en face d’elle en chair et en os qu’elle a insistĂ© pour que j’Ă©crive un mot en français dans le livre d’or. Voici, de mĂ©moire, ce que j’ai Ă©crit :

“Aujourd’hui je suis triste. Triste de voir que tant de français ont perdu la vie sur cette terre, mais je suis heureux d’avoir eu la chance inouĂŻe de tomber par hasard sur cette ville Ă  l’histoire si riche. Merci pour cette magnifique reconstitution historique. VIVE LA FRANCE ! VIVE LA RUSSIE ! VIVE LA REPUBLIQUE ! “

Une fois traduits, ces mots ont provoqué un effet assez inattendu. Elles sont entrées dans un état second, semi-orgasmique, touchés par ce patriotisme mêlé au respect de leur nation… tout ce qu’ils aiment !

Les valeurs nationales sont restĂ©es intactes en Russie, la ville semble mĂŞme avoir un lien Ă©troit avec la guerre en gĂ©nĂ©ral. Il y a mĂŞme une place dans le centre-ville oĂą l’on peut trouver des vieux tanks dĂ©saffectĂ©s qui servent maintenant de terrain de jeu aux enfants. L’on peut donc y voir de petites nattes blondes fragiles et innocentes Ă  robe rose jouer Ă  la guerre assises au poste de mitrailleuse lourde en haut d’un tank soviĂ©tique. DĂ©licieuse dualitĂ©. NaĂŻve enfant chevauchant ce nid Ă  tĂ©tanos sous l’œil bienveillant des parents… Après tout, elle est sur un char d’assaut russe, je ne vois pas bien ce qu’il peut lui arriver !

tank sur la place du village en Russie