Voyage à vélo : comment éviter les vols en tant que cyclotouriste ?

Tout cyclotouriste qui se respecte a déjà ressenti cette peur du vol. Cette fameuse peur incontrôlable qui nous envahit au moment de laisser son précieux vélo et ses sacoches sans surveillance à l’entrée d’un supermarché. Que l’on voyage seul ou en groupe, c’est une préoccupation légitime qui mérite que l’on s’y attarde. Antivols, techniques et astuces, assurances… je vais tout vous dire.


Quel accessoire de sécurité choisir pour son vélo ?

Mieux vaut prévenir que guérir. Avant toute chose, il faut penser à bien sécuriser son vélo. Il existe pour cela bien une offre large plus ou moins adaptée au cyclotourisme.

Quel antivol pour un cyclotouriste ?

Les besoins d’un cyclovoyageur ne sont pas les mêmes que ceux d’un cycliste urbain. Pour le cyclotouriste, chaque kilo est important. Il va donc falloir trouver une solution qui apporte sécurité et légèreté.

Choix 1 :

Souvent, les solutions les plus simples sont les meilleures. Je suis parti sur 10.000 km jusqu’en Asie Centrale avec un simple antivol à code.

Voici un modèle qui a su parfaitement remplir sa mission pendant huit mois et qui me sert encore aujourd’hui. Bien sûr, il sera facile à violer avec un minimum de matériel, mais il saura sécuriser votre vélo le temps de quelques minutes et il est surtout très léger : 350 g.

Choix 2 :

Si vous avez envie de dormir tranquille pendant votre bivouac, il vaudra mieux privilégier un antivol plus robuste, mais évidemment plus lourd. L’idéal étant de trouver un antivol pour vélo adapté au cyclotourisme qui soit flexible et conçu en fibres textiles pour limiter le poids.

Mon choix se portera vers la marque d’antivols en textile

Et pourquoi pas l’alarme de vélo ?

J’ai essayé, mais je n’ai pas été convaincu. Même si elle peut s’avérer très efficace dans certaines situations, pour moi l’alarme de vélo souffre de trois problèmes principaux :

  • C’est un poids inutile. Franchement, en 8 mois je n’en ai jamais eu l’utilité (et tant mieux, en fait !), je l’ai donc transportée sur 10.000 km pour rien.
  • Elle peut sonner pour bien des raisons. Le vent qui charrie le vélo ou un enfant curieux qui veut toucher les sacoches… L’alarme, pour peu qu’elle soit sensible, sonnera régulièrement pour rien. Des fausses alertes qui vont causer plus de stress qu’autre chose.
  • Le bruit est agressif et mal perçu des locaux. Encore une fois, c’est un avis très personnel, mais il me semble qu’une sonnerie accidentelle de 100 db au milieu de la ville puisse être mal interprétée des habitants locaux. Ils pourraient se sentir agressés par le bruit de l’alarme et aussi blessés dans leur honneur. Il faut savoir que dans beaucoup de pays (en particulier les pays musulmans), le vol est perçu comme un véritable déshonneur.

Si vous tenez tout de même à investir dans une alarme en complément de l’antivol parce que vous traversez l’Amérique du Sud (et là je peux vous comprendre !), je peux vous suggérer un modèle d’antivol abordable et simple d’utilisation >> Alarme pour vélo sur cadre

Mes conseils de cyclotouriste pour éviter les vols

Tous les voyageurs expérimentés ont tous leurs propres petites techniques, leurs trucs. Certaines sont universelles, et d’autres se transmettent de bouche à oreilles entre cyclotouristes. Petite liste des astuces les plus utiles :

  • Pour commencer le plus évident : laissez votre vélo dans un endroit suffisamment fréquenté. Au-delà du fait qu’il y ait bien trop de témoins pour le voleur, vous pourriez être n’importe où dans la foule pour surveiller votre vélo… et le potentiel voleur le sait.
  • J’en viens à la deuxième : laissez votre vélo de telle manière qu’il soit visible de l’endroit où vous êtes. Que vous soyez au supermarché, au restaurant ou en épicerie, c’est en général possible.
  • N’oubliez pas de rassembler tous les objets de valeur (papiers, passeport, argent, appareils électroniques…) dans une sacoche que vous emportez avec vous quand vous vous éloignez de votre monture. Tout ce qu’il restera dans les autres sacoches, ça ne sera que des vêtements, de la nourriture, quelques outils et du matériel de camping. Rien d’insurmontable en cas de vol.
  • Pensez à ne jamais tenter le diable. Autrement dit, cachez les objets de valeur et ne les sortez que lorsque vous êtes totalement en confiance.
  • Si jamais on vous demande la valeur de votre vélo sur la route (et ça vous arrivera souvent), mentez. Je sais, c’est mal de mentir, mais une personne qui a sous ses yeux un objet qui vaut 1 an de son salaire peut brutalement griller un fusible. En gros, votre vélo ne doit jamais valoir plus de 400 €.
  • Si le lieu ne vous inspire vraiment pas confiance, retirez la chaine du dérailleur. Le potentiel voleur sera obligé de pousser le vélo, dans l’urgence du larcin on ne prend pas la peine de remettre la chaine à sa place.
  • Essayez de garder votre vélo le plus sale possible. Les voleurs de vélo sont rarement des spécialistes, ils prendront toujours le vélo qui leur paraitra le plus facile à revendre. En rendant votre vélo indésirable, vous limitez déjà les chances de vols.

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Que faire en cas de vol de vélo en voyage ?

Le marquage du vélo

Le marquage du vélo est maintenant obligatoire en France depuis début 2021 pour tous les vélos neufs. Il consiste à ce que chaque vélo vendu neuf porte sur son cadre un numéro d’identification unique qui soit inscrit sur un fichier national.

marquage contre le vol de vélo

L’idée est qu’en cas de vol, votre vélo soit traçable. Ainsi lorsque vous achetez un vélo d’occasion et qu’il dispose d’un marquage, vous pouvez retracer le parcours du vélo et l’identité de l’ancien propriétaire… Une manière simple de savoir qu’il a été volé. Laissez-moi vous dire que si le potentiel voleur voit ce marquage, il hésitera à s’en emparer !

Bref, si vous êtes en France et que l’on vous dérobe votre vélo marqué, vos chances de le retrouver sont bien plus élevées. En revanche, l’efficacité du système se limite au territoire français ou peut être européen, mais si vous vous faites voler votre vélo sur un autre continent, il risque de ne pas vous être d’une grande utilité.


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L’assurance pour vélo

Une assurance vélo contre le vol peut s’avérer très utile quand on est loin en voyage. Si elle ne remplace pas vos vacances, elle remboursera l’achat d’un vélo de voyage qui peut s’avérer très onéreux.

Certaines assurances habitations offrent en option cette possibilité et des organismes d’assurance proposent également cette prestation. Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de votre banque car de nombreuses cartes bleues proposent des assurances liées au voyage. Fait intéressant, ces assurances peuvent s’étendre aux sacoches et matériel de valeur.

N’oubliez pas que les assurances vol de vélo imposent l’usage d’une certaine catégorie d’antivols. Pour cette raison, l’idéal est de coupler l’usage d’un antivol comme le Tex-Lock avec l’assurance vol. Si vous ne pouvez pas prouver la présence de cette catégorie d’antivol, il sera compliqué de demander le remboursement de votre précieux vélo.


Doit-on vraiment avoir peur du vol de vélo et de sacoches ?

Nous arrivons dans un territoire beaucoup plus personnel. Je ne vais pas vous dire que les risques de vols sont inexistants, mais que ma propre expérience du voyage m’a enseigné la confiance et des choses bien plus profondes encore.

Sachez tout d’abord que la peur engendre la peur, et que la méfiance engendre la méfiance. Arriver dans un village avec l’esprit positif, ouvert à l’autre et bienveillant ne vous apportera que la confiance des autres, et cette même bienveillance. On ne récolte que ce que l’on sème, c’est mécanique, physique, humain.

Après quelques mois de route, perdu aux fins fonds de l’Asie Centrale, je ne me suis senti inconfortable qu’une seule fois. Le 6e sens m’a permis d’éviter le potentiel danger. Oui, mon intuition. Votre intuition est avant tout votre meilleure alliée. L’expérience du voyage vous apprendra cela sans même vous en apercevoir. Vous verrez rapidement si une personne, un lieu, un village vous inspire confiance ou si ça “sent mauvais”. On finit par le voir. Et vous savez quoi ? Ce se voit encore plus quand les locaux ne parlent pas notre langue. Privé des mots, le corps prends le relai, et lui ne sait pas tricher, croyez-moi !

vol de vélo en ville

En pratique, je vais vous avouer une chose : au fur et à mesure de la route, je finissais par avoir une telle confiance envers les gens que je laissais mon vélo dehors sans cadenas, sans surveillance. J’ai même poussé le vice très (trop) loin un jour en Iran dans la ville de Miyaneh. J’étais dans un restaurant, mon vélo dehors sans attaches, et j’ai suivi un local qui voulait absolument m’emmener faire un tour de voiture dans la ville. Je l’ai suivi en laissant sur place mon sac à dos, mes papiers, mon argent, tout. J’étais tout nu. Une demi-heure plus tard, je suis retourné dans ce restaurant, rien n’avait bougé. Cette confiance les a touchés, j’étais devenu leur ami pour de bon.

Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais dans beaucoup d’endroits du globe (en particulier les pays nordiques, musulmans, asiatiques et insulaires) le vol n’existe quasiment par. Évidemment ça ne s’applique pas dans les pays d’Amérique Latine ou par chez nous, malheureusement.

Un simple conseil : partez confiant !