122. Retour en terre de France

Avertissement ! Cet épisode comporte des passages de patriotisme nauséabond.

Grand retour après 7 mois d’absence

Aujourd’hui, je vais fouler la terre française après plus de 7 mois d’absence. Je n’avais jamais dĂ©sertĂ© la mère patrie plus d’un mois d’affilĂ©e. La perspective de ces retrouvailles proches Ă©veille en moi une excitation rare. Après avoir ouvert le portail de la francophonie, me voilĂ  sur le seuil de la maison France. Elle est lĂ , Ă  10 kilomètres de moi, elle m’appelle, je peux presque la distinguer.

Montrer bonne figure au passage du panneau “France”

rouler sur les pavés

Le début de la route est marqué par un sentier pavé tracé sur une ancienne voie romaine. Ce chemin assez pénible réveille des vieilles douleurs de dos que je croyais mortes et enterrées sur un autre continent. En tant que chrétien, je ne suis pourtant pas hostile au concept de résurrection, mais celles-ci je m’en serais bien passé. Surtout à quelques centaines de mètres du panneau “France”.

Moi qui voulais faire mon entrée sous mon meilleur jour, avec panache, le regard conquérant… au lieu de ça, je vais entrer en Gaule grimaçant, le sourire crispé et le dos voûté ! J’ai honte ! Et pourtant… tel un mirage dans le désert, j’aperçois au loin 6 lettres qui me sont familières, réunies sur un humble écriteau pour marquer le mot “F.R.A.N.C.E”. De l’autre côté de ce panneau, les pavés laissent place à du bitume bien lisse et bien français. Mon oasis !

Retrouver la France Ă©ternelle

Une bien discrète frontière. J’entre en France par la petite porte, de la plus modeste des manières, sans tambours ni trompettes. S’il n’y avait pas eu ce timide panneau posé à côté de la route au milieu de quelques maisons de briques, j’aurais eu des difficultés à comprendre que je ne suis plus en Belgique.

Frontière France Belgique
Entrée en France en toute discrétion

Faux ! Correction… Mes sens surdĂ©veloppĂ©s auraient certainement senti la chose, car Ă  mon arrivĂ©e, des stimuli bien distincts ont jouĂ© en moi les notes d’une chanson dont voici la mĂ©lodie des mots : un panneau de limitation de vitesse Ă  l’esthĂ©tique bien française trahit l’arrivĂ©e sur la terre de France, tout comme cette odeur diffuse et capiteuse de fromage qui ne ment pas ; il y a aussi le chant du coq et cette impression d’ĂŞtre submergĂ© par l’art de vivre, le gĂ©nie et la flamboyance qui flotte dans l’air de cette France Ă©ternelle.

Beaucoup d’indices me font comprendre que je suis revenu Ă  la maison après cette trop longue absence. J’Ă©tais dans la pĂ©nombre, et je viens de retourner Ă  la lumière. J’Ă©tais mort, et me voilĂ  revenu Ă  la vie tel un enfant prodigue. Fils de cette terre qui ne m’a jamais manquĂ© jusqu’Ă  ce que ses effluves sacrĂ©es me reviennent aux narines, ces odeurs qui ne parlent pas, mais qui font ressentir les richesses infinies d’un territoire et d’un peuple dont on ne peut comprendre le dessein sublime qu’Ă  l’aune d’une divinitĂ© rĂ©habilitĂ©e et respectĂ©e… je m’emporte un peu, retournons sur la terre ferme.

la religion en France

Quelles différences culturelles ?

Maintenant que je suis en France, je peux, à la lumière d’une prise de recul de quelques mois, illustrer les quelques différences que je suis à présent capable de noter entre la France et les autres pays d’Europe.

Première chose, les voitures. Elles sont beaucoup moins prudentes qu’en Belgique, en Allemagne ou en Pologne. Elles me dĂ©passent Ă  quelques centimètres et très rĂ©gulièrement Ă  allure Ă©levĂ©e. Ça me rappelle la Russie. Les gens quant Ă  eux sont peut-ĂŞtre un petit peu plus ouverts sur la route, j’ai droit Ă  plus de bonjours.

En dehors de cela, peu de choses diffĂ©rencient un français d’un allemand quand ils voient passer dans leur village un Ă©tranger en short moulant pĂ©dalant sur un vĂ©lo aux allures de caravane. Partout les mĂŞmes regards circonspects et fermĂ©s, que je vais devoir affronter jusqu’à ma première escale française Ă  Saint Quentin, puis Compiègne, et enfin Paris.