74. L’Ouzbékistan, au croisement des cultures

Retour sur la route en direction du Tadjikistan, qui se rapproche à grands pas. Puisque nous roulons… Que la route est toute droite et le désert ouzbek monotone, j’ai tout le loisir de penser… et si je faisais un petit bilan de ce que j’ai appris de l’Ouzbékistan.

desert ouzbekistan

L’Ouzbékistan et son peuple

Tout d’abord, les gens. Sujet, soit-dit en passant, qui m’intéresse hautement plus que les monuments historiques.

Les gens ne trichent pas tandis que les monuments ouzbeks, si beaux soient-ils, ne représentent plus une réalité actuelle. Ils ne sont à mes yeux qu’une photo du passé préservée des outrages du temps à coups de restaurations successives, financées au passage par les chinois.

Les ouzbeks, sans pour autant se détacher du peloton des autres pays de la région, m’ont apparu très ouverts, souriants et doués d’un sens aigu de l’entraide et de la solidarité. Bien sûr il ne faut jamais se laisser embobiner et toujours discuter les prix, mais une fois cette barrière passée, ils sont honnêtes et droits.

Des origines ethniques variées

Si physiquement les kazakhs ressemblaient soit à des asiatiques, soit à des russes, et se mélangeaient peu, les origines ethniques des Ouzbeks sont plus difficiles à identifier.

Également très cosmopolites, il semblerait que les perses, kazakhs, russes, ouzbeks et Afghans y vivent en harmonie depuis un bon moment. Il n’est pas rare de voir dans un village perdu des enfants aux origines très éparses. A noter que les visages sont moins asiatiques et plus bronzés que les Kazakhs.

Les femmes sont étonnamment élégantes, rarement voilées, elles portent très bien les robes colorées, et protègent leur “capital peau” en marchant très souvent à l’abri d’un parapluie, souvent assorti à leur tenue. Elles n’hésitent pas à offrir leur plus beau sourire à la personne qui croise leur route…

Rouler en Ouzbékistan

… la route, parlons en. J’ai déjà évoqué son état général, il faut maintenant aborder la manière dont les gens roulent dessus.

Et bien l’autoroute à contre-sens n’est pas une aberration par ici. Que ça soit sur une charrette tirée par un âne ou sur une voiture soviétique à vive allure, on fonce et on compte sur la vigilance des gens qui sont dans le bon sens. C’est une habitude à avoir : Toujours anticiper l’arrivée possible d’une voiture lancée sur nous à pleine vitesse comme des torpilles prêtes à exploser…

desert route

… oui, les voitures ici roulent au gaz. Les sous-sols du territoire ouzbek étant bien plus riches en gaz qu’en pétrole, le gouvernement a poussé fortement dans ce sens.

À ce propos, il me vient une anecdote assez singulière : nous venions d’acheter de l’essence dans une station service, et retournions sur l’autoroute. Après 15 minutes de route, une voiture nous double en klaxonnant frénétiquement, et nous fait signe de nous ranger sur le côté. Il s’agissait de l’employé de la station service qui s’était rendu compte qu’il nous avait fait payer 60 litres au lieu de 50. Il a fait toute la route pour nous rattraper et pour nous donner ce qu’il nous devait !

Là c’est plus que de l’honnêteté, j’essaye de trouver le mot mais il n’existe pas… C’était vraiment touchant, d’autant qu’il a dû rentrer en prenant l’autoroute à contre-sens sachant qu’il n’y avait pas moyen de faire demi-tour avant de nombreux kilomètres.

Un patrimoine architectural magnifique

Ok, j’ai écrit plus haut que les monuments historiques ne m’interessaient pas vraiment… c’était à moitié vrai.

En fait, lorsqu’on visite l’Ouzbékistan, on est obligé d’être fasciné par ces quelques villes qui ont servi de passage sur la Route de la soie. Pas le choix, c’est vraiment trop beau !

On ne peut qu’être à genoux devant la splendeur de la cité de Khiva, et on aurait presque envie de se convertir à l’Islam devant tant de beauté.

khiva ouzbekistan

Même chose pour la superbe Boukhara, qui, tout en étant une ville moderne où la vie réelle suit son court (contrairement à la ville musée de Khiva), a su préserver un patrimoine rare classé au matrimoine mondial de l’UNESCO.

Boukhara

Et que dire de Samarcande ? La ville de l’est ouzbek peut s’enorgueillir de son fameux Régistan, une place entourée de 3 médersas ornées de faïence datant des XVe et XVIIe siècles. Un lieu vraiment magique et incontournable !

samarcande ouzbekistan
samarcande

L’Ouzbékistan, future grosse destination touristique ?

D’accord, le secteur du tourisme est en stand-by actuellement. Mais quand ça va repartir, un beau jour, je vois bien l’Ouzbékistan tirer son épingle du jeu. Pourquoi ?

Le tourisme évolue énormément. Les voyageurs, veulent plus de qualité, moins de quantité. Ils veulent de l’aventure, vivre des expériences, des rencontres. Ils veulent garder des souvenirs indélébiles de leurs voyages, tels des explorateurs modernes.

L’Ouzbékistan, saura répondre à ces besoins grandissants. Des déserts sans fin, des montagnes à l’Est, une mer d’Aral asséchée, des cités millénaires ultra-préservées sevrées de touristes, et des habitants accueillants et généreux, encore vierges des effets néfastes du tourisme de masse.

Affaire à suivre…