37. La frontière iranienne

Un passage de frontière est toujours une aventure spéciale, unique. A chaque douane ses spécificités, ses douaniers, sa bonne humeur ou ses rejets. La frontière qui sépare l’Iran de la Turquie à Kapikoy de déroge pas à la règle :

Un passage chaotique

Ce poste de frontière était absolument chaotique. On ne sait pas où aller, on attend 2h sans savoir pourquoi, bloqué dans un décor post-apocalyptique constitué de murs en tôles ondulées, de boue partout, de marchands de thé qui ont su profiter du désordre ambiant, d’enfants errants… Une ambiance qui aurait pu en décourager plus d’un de s’aventurer en Iran ! 

Iran border Kapikoy
Dernière photo avant la frontière iranienne

Un traitement de faveur

Pourtant, j’ai eu la chance d’avoir un traitement de faveur de la part des militaires. Je n’ai jamais su si c’était le passeport français (ils n’avaient visiblement pas l’habitude d’en voir), ou le vélo, mais le fait est que j’ai pu dépasser tout le monde pour tamponner mon visa et que j’ai eu droit à une visite médicale privée assez superficielle.

La star de la douane

Une fois dans la zone de douane iranienne, je suis en quelques dizaines de minutes devenu la star de la frontière. C’est une règle : quand les gens attendent, ils s’ennuient et parlent. Et les nouvelles vont vite. J’étais rapidement entouré de quelques curieux qui voulaient voir en personne le français à vélo. Le seul qui parlait anglais me posait les questions et traduisait à l’assemblée, pendant ce temps je devais garder l’œil ouvert sur les gamins aux pieds nus qui lorgnaient sur mon vélo. Mais je ne sentais réellement aucune menace, uniquement de la bienveillance, des sourires et des serrages de mains.

Un avant goût de l’hospitalité iranienne

Une fois retourné dans le minibus, les trois autres passagers ayant mieux compris mon histoire, se sont pris d’affection pour moi. Pour être plus clair, une dame m’a donné des sandwichs et des fruits secs, elle m’a acheté de l’eau et un thé. Une autre dame et son mari m’ont donné des gâteaux, offert aussi un thé et une autre bouteille d’eau. Ils ont ensuite tout fait pour m’aider à contacter mon ami à l’approche de Tabriz, ils l’ont appelé pour moi et ont fixé le rendez vous… Tout était organisé ! Je n’avais plus qu’à attendre d’arriver et retrouver au chevet du bus mon ami Sina.

Je crois que la Turquie me manque déjà…