Comment gérer les chiens agressifs ?

Un grand nombre de territoires sont infestés de chiens errants sur les sentiers et les axes routiers, sans dieu ni maître, seuls ou en meutes, à la recherche de nourriture et de nouveaux territoires.

Un chien sans souverain est un soldat sans cause, un mercenaire, une créature qui se bat pour la survie.

Les caresses des humains ne l’intéressent plus, il a rejoint peu à peu le cercle fermé des marginaux, de ceux qui se sont libérés de la servitude volontaire qui les liaient à l’homme. Ils sont libres mais malheureux, les chiens ne sont pas des loups. Leur besoin de servir l’homme est inscrit dans leur code génétique et c’est l’unique mission de leur vie. Ces petits pirates de la route sont désorientés, ils avancent sans but au gré de la route et des opportunités que le destin veut bien leur accorder. Abandonnés, la seule force qu’il leur reste réside dans ce résidu instinctif hérité des loups qui les pousse à se regrouper en meutes et à protéger ensemble un territoire dans lequel ils doivent assurer leur sécurité. C’est partant de ce principe que les cyclistes deviennent les cibles privilégiées des chiens. Ils nous voient arriver, se lèvent d’abord, puis hésitent, attendent de voir ce que vont faire les autres membres de la bande pour ne pas attaquer seul, et quand le premier est parti à l’action c’est tout le reste du groupe qui s’en donne à coeur joie ! Ca court tout autour, ça aboie, ça grogne, ça laisse entendre des claquement de dents dans le vide, mais ça ne mord que quand ça se sent réellement en danger. Le projet ici, est de faire fuir l’inopportun qui a eu l’impudence de passer par ici, et de le suivre un bon moment pour s’assurer qu’il ne revienne pas. Lors d’une attaque, si l’on pouvait faire parler ces chiens, leurs mots seraient plus ou moins les suivants : “Barre-toi de là sale humain !”, “Tu vois donc pas qu’on est plus nombreux et qu’on fait plus de bruit que toi ?!”, “Attention, on peut mordre très fort si tu reste ici, tu entends le claquement de nos mâchoires ?”, “Ouais, c’est ça, casse-toi et ne revient pas, tu connais le comité d’accueil !”, “Non mais t’as vu cet humain avec son vélo, il est fou lui !”, “… bon… On fait quoi maintenant ?”. 

Pour calmer ces casse-pieds, il y a plusieurs techniques, je les ai à peu près toutes testées et je dois dire qu’il n’y a hélas pas de méthode miracle. Chacune a ses limites : 

La première consiste à crier plus fort qu’eux pour les impressionner. Pour plus d’efficacité, il faut repérer le dominant, le chef, c’est en général celui qui part le premier à l’assaut. On le laisse s’approcher, ne rien dire, continuer à rouler, et lorsqu’il est suffisamment proche, on crie le plus fort possible dans sa direction. Pour moi ça a marché très efficacement la première fois. Le chien a stoppé net sa course et est reparti en arrière la queue entre les jambes suivi de ses compères. 

Limites :  ça ne marche pas à tous les coups. Dans le cas où ça ne fonctionnerait pas, les chiens se sentirons agressés et excités. En bref, ça fera l’effet inverse.

Le principe de la deuxième technique, radicalement opposée à la première est de tout faire pour rassurer les chiens, parler doucement, leur montrer que l’on n’est pas un danger pour eux, tout en roulant au ralenti. Pour moi ça a à moitié marché. Ils ont fini par me laisser en paix mais je n’ai jamais su si c’était les conséquences de mon comportement ou bien une simple lassitude qui aurait eu lieu malgré tout. 

Limites : dans des rares cas extrêmes, le chiens ont vraiment jeté leur dévolu sur vos mollets. Si c’est le cas, il est fort conseillé de ne pas rester là le regard bienveillant en attendant que ses chaussures baignent dans le sang. La fuite semble une solution raisonnable.

La troisième technique répond plus à des réflexes de survie basiques. Il s’agit de fuir. Pédaler le plus vite possible pour éloigner prestement ses appétissantes jambes des coups de dents des molosses. 

Limites : malheureusement c’est peu efficace car non seulement ça stimule l’instinct de prédation du chien, qui n’aura plus envie de vous lâcher, mais elle est d’autant plus absurde que la race de chien la plus lente court à une vitesse de 32 km/h, et la plus rapide à près de 80 km/h. Votre vélo étant chargé comme une mule il est inconcevable d’atteindre les 40 km/h sur du plat. Vous serez donc, quoi qu’il arrive, rattrapé par les chiens en cas de fuite désespérée, et cet aveu de faiblesse de votre part leur donnera confiance. Je ne l’ai jamais tentée.

La quatrième technique est réputée redoutable dans la communauté cycliste, mais elle demande du sang froid. Elle part du principe que le mouvement des jambes sur le pédalier excite le chien car il le voit comme un mouvement de course, ce qui peut expliquer pourquoi les chiens adorent tant s’attaquer aux cyclistes. L’idée est donc non seulement de s’arrêter net de pédaler, mais également de mettre pied à terre et faire face aux chiens sans se désarmer pour leur montrer que leurs tentatives d’intimidations n’ont aucun effet sur nous puisque nous sommes l’espèce dominante. En pratique, les chiens ne se calment pas forcément tout de suite mais gardent une certaine distance de sécurité. Il faut donc attendre ainsi qu’ils finissent par se calmer par eux même. C’est, je crois, la technique la plus efficace. 

Limites : voir les limites de la deuxième technique.

Ces solutions diverses et variées ne sont pas fiables à 100% car chaque chien est différent. Souvent notre meilleur allié est le maître du chien (si il en a un), il sera le plus à même de le calmer. L’autre moyen, qui marche à coup sûr et qui ne dépend pas de paramètres extérieurs, est tout simplement d’avoir un bâton sur soi. C’est un répulsif reconnu par les chiens de toutes contrées de par le monde et qui est bigrement efficace. A la vue du bâton dans vos mains, les chiens se calment immédiatement, même pas besoin de s’en servir, il ne sert que de force de dissuasion. L’arme nucléaire du cycliste !